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Partenaires pour des soins sûrs : NABD-BC2 contribue au dialogue mondial sur la sécurité des patients et les maladies non transmissibles

octobre 16

Le 16 septembre 2026, NABD-BC2 a pris part au webinaire international « Partners in Safe Care: Lived Experience and Collective Action for Safety in Noncommunicable Diseases » (Partenaires pour des soins sûrs : le vécu des patients au cœur de l’action collective).

Organisée par l’Alliance internationale des organisations de patients (IAPO) et l’initiative Our Views, Our Voices de la NCD Alliance, cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de la Journée mondiale de la sécurité des patients 2026, consacrée cette année aux maladies non transmissibles (MNT) sous le slogan « Des soins sûrs pour la vie ! ».

Pendant 90 minutes, plus de 250 participants ont échangé : représentants de l’OMS, organisations de patients, acteurs de la société civile, médecins de famille, réseaux de professionnels de santé et personnes vivant avec une maladie non transmissible.

Un enjeu qui concerne tout le parcours de soins

En ouverture, la Dre Blerta Maliqi, cheffe de l’Unité Sécurité des patients et qualité des soins au siège de l’OMS, a rappelé les objectifs de cette journée mondiale. Cette année, l’OMS invite systèmes de santé, établissements, professionnels, société civile et patients à se mobiliser ensemble pour réduire les préjudices évitables et rendre les soins plus sûrs pour les personnes atteintes de MNT.

Les échanges l’ont montré : la sécurité des patients ne se résume ni à des incidents isolés ni à ce qui se passe à l’hôpital. Cancer, diabète, maladies cardiovasculaires, AVC, sclérose en plaques… ces maladies s’inscrivent souvent dans la durée. La sécurité doit donc être pensée à chaque étape, de la prévention et du dépistage jusqu’au traitement, au suivi, à la réadaptation, aux soins palliatifs et à l’accompagnement à domicile.

Les intervenants ont identifié plusieurs situations à risque :

  • un diagnostic tardif ou erroné ;
  • des ruptures d’accès aux médicaments et aux traitements essentiels ;
  • un manque d’information sur le traitement et ses effets indésirables ;
  • une mauvaise communication entre professionnels ou entre structures de soins ;
  • des circuits d’orientation flous ;
  • un retour à domicile mal préparé ;
  • les difficultés liées à la polymédication et à l’observance sur le long terme ;
  • un accompagnement psychosocial et une éducation thérapeutique insuffisants ;
  • une prise en compte limitée de la situation, des priorités et du vécu de chaque patient.

Une responsabilité partagée

Le panel, animé par la Dre Ratna Devi, administratrice de l’IAPO, directrice générale et cofondatrice de DakshamA Health and Education, a croisé des regards complémentaires.

Les patients-partenaires et les associations de patients ont rappelé que les malades perçoivent des risques qui échappent souvent aux dossiers médicaux. Ce sont eux qui vivent au quotidien les effets de services cloisonnés, des ruptures de stock, des retards d’orientation ou de consignes difficiles à appliquer.

La société civile a, pour sa part, insisté sur l’équité et sur les obstacles spécifiques rencontrés par les populations les plus éloignées du système de soins. Les associations jouent ici un rôle de trait d’union : elles rapprochent les communautés des services de santé, repèrent les difficultés récurrentes et font remonter les réalités du terrain aux soignants et aux décideurs.

Du côté de la médecine de famille et des professionnels de santé, l’accent a été mis sur des soins primaires coordonnés et centrés sur la personne, des équipes pluridisciplinaires bien formées, des circuits d’orientation clairs et une communication fluide entre les différents niveaux du système de santé.

Un message commun s’en dégage : la sécurité des soins est l’affaire de tous. Les patients doivent être accompagnés pour comprendre leur maladie, prendre part aux décisions et exprimer leurs inquiétudes ; mais c’est bien aux systèmes de santé qu’il revient de réunir les conditions de soins sûrs.

La voix de NABD-BC2

Mme Ikram Eseghir, fondatrice et présidente de NABD-BC2, est intervenue en tant que membre du Comité consultatif mondial de l’initiative Our Views, Our Voices, pour porter la parole des personnes vivant avec une MNT.

Forte de son propre parcours et de l’action de l’association auprès des personnes touchées par le cancer du sein au Maroc, elle a souligné que les risques surgissent souvent entre deux consultations : une information incomplète, une orientation qui tarde, un médicament introuvable, ou tout simplement un patient qui ne sait pas vers qui se tourner.

Pour elle, le vécu des patients est une source d’information précieuse pour la sécurité des soins. Recueillis et analysés de façon méthodique, ces témoignages permettent de repérer les failles récurrentes, d’améliorer les services et d’orienter les politiques de santé.

Elle a également distingué la simple consultation d’une véritable implication. Associer réellement les patients et leurs associations, c’est les faire participer non seulement aux débats, mais aussi à l’identification des risques, à la conception des services, à l’élaboration des supports d’information et à l’évaluation des actions menées.

Elle a toutefois mis en garde : l’autonomisation des patients ne doit jamais servir à leur faire porter la responsabilité des défaillances du système. Il appartient aux institutions de santé de garantir des soins accessibles, coordonnés et sûrs.

Les associations de patients, des actrices incontournables

Le webinaire a mis en lumière tout ce que les associations de patients peuvent apporter :

  • une information fiable, accessible et adaptée au contexte culturel ;
  • un accompagnement dans des parcours de soins souvent complexes ;
  • le repérage des obstacles au diagnostic, au traitement et au suivi ;
  • un lien entre patients, familles et soignants ;
  • la collecte et la valorisation du vécu des patients ;
  • le soutien aux aidants et aux populations vulnérables ;
  • une contribution à l’élaboration de protocoles et d’initiatives de sécurité ;
  • un plaidoyer pour un accès équitable à des soins de qualité.

Autant de priorités qui rejoignent l’action quotidienne de NABD-BC2 : sensibilisation et dépistage précoce du cancer du sein, soutien psychosocial, entraide entre pairs, écoute individuelle, accompagnement dans le parcours de soins et implication des personnes touchées par le cancer.

Soigner avec les patients, et pas seulement pour eux

Principale conclusion de cette rencontre : les personnes vivant avec une MNT doivent être reconnues comme de véritables partenaires de la sécurité des soins, et non comme de simples bénéficiaires.

Cela suppose une collaboration étroite entre patients, familles, soignants, décideurs, autorités de régulation, société civile et communautés, ainsi que des mécanismes concrets permettant au vécu des patients de peser sur les décisions et de produire des améliorations mesurables.

NABD-BC2 remercie chaleureusement l’IAPO, la NCD Alliance, l’OMS, la Dre Ratna Devi, ainsi que l’ensemble des intervenants, organisateurs et participants pour cet espace d’échange ouvert, où vécu des patients, expertise clinique et regard de la société civile ont convergé vers un même objectif : des soins plus sûrs pour les personnes atteintes de MNT.

Revoir le webinaire : [lien]

IAPO – Journée mondiale de la sécurité des patients 2026 [lien]
OMS – Objectifs de la Journée mondiale de la sécurité des patients 2026 [lien]

Des soins sûrs pour la vie : écouter, apprendre et agir, ensemble.

Details

Date: octobre 16
Event Category:

Organisateur

IAPO & NCDA